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Pour ou contre le RSA ? Jean Louis DESTANS Président (PS) du Conseil Général de l’Eure  » Une vraie incitation financière  » La nouvelle prestation encourage le retour à l’emploi.

09070113_rsax3p1_ori567Votre département est le premier à avoir expérimenté le RSA. Cette initiative a-t-elle vraiment permis le retour à l’emploi des allocataires de minima sociaux ?

Non. L’expérimentation conduite dans l’Eure a mis en évidence des taux de retour à l’emploi supérieurs à ceux observés dans les zones témoins. Mais il n’est pas sûr que ces incitations restent efficaces dans un contexte de crise économique qui entraine des milliers de suppressions d’emplois, principalement non qualifiés. J’ajoute que nous expérimentions sur un territoire dynamique en termes d’activité.
Le principe du RSA va dans le bon sens : en permettant de cumuler revenus du travail et allocations de solidarité, il fournit une vraie incitation financière favorisant le retour à l’emploi, même à temps partiel. Surtout, il permet de compenser les dépenses liées à toute reprise d’activité (garde d’enfant, transport, etc.) et apporte à de nombreux travailleurs pauvres un complément de revenu, c’est incontestable.

Le dispositif ne risque-t-il pas de favoriser le développement des  » petits boulots  » ?

Le risque existe. Il faudra conduire une observation fine. Les bénéficiaires du RSA occupent souvent des emplois à durée déterminée. Cela reste favorable du point de vue de l’insertion, mais il ne faut pas que cela devienne un système.

Les allocataires sans activité sont désormais tenus de faire des démarches pour améliorer leur insertion. Que pensez-vous de ces obligations ?

Elles doivent être équilibrées par un accompagnement individualisé et performant. Les bénéficiaires du RMI s’engageaient déjà à mettre en œuvre un projet d’insertion, consigné dans un contrat d’insertion. Le département de l’Eure s’était d’ailleurs fortement engagé dans l’amélioration du taux de contractualisation qui est aujourd’hui de quasiment 100 % pour les nouveaux entrants dans le dispositif, grâce à un dispositif d’accueil mutualisé avec nos partenaires (caisses d’allocations familiales, etc.).

Avez-vous des craintes sur la charge que cela présentera pour la collectivité ?

Bien sûr, même si le haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté s’est engagé à ce que la généralisation du RSA ne coûte rien aux départements, au moins pour ce qui est des allocations versées. J’y serai particulièrement vigilant. J’ai confié à un comité consultatif la mission d’évaluer cette mise en place.
Propos recueillis par B. Bi.

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